ACCES AU CHAT






MDP oublié ? | S'incrire

RECHERCHES
XVIIIe Journée Mondiale du Malade

La  pollution sonore, une nouvelle forme d’intégrisme 


La célébration   cette année de la XVIIIe journée mondiale du malade le 11 février coïncide providentiellement avec le  XXVe anniversaire de l’institution par le Saint-Siège du Conseil Pontifical pour les Services de Santé. Et pour marquer l’événement, ce Conseil propose à l’Eglise Universelle d’orienter ses efforts et son affection priante vers les personnes ayant  des problèmes auditifs. Une manière d’exhorter l’Eglise et l’humanité à travailler à une pleine intégration sociale des personnes sourdes. Mais au regard du contexte social actuel qui est de plus en plus marqué par une pollution sonore jamais imaginée , il faut  dire qu’il existe bien de gens sourds qui s’ignorent et  qui devraient se situer dans cet échantillonnage à la fois aréolaire et  sonore ciblé par le Conseil Pontifical. Entre autres, les populations  qui subissent les effets jamais désirés des banques de sons et qui pendant le même temps désirent  écouter l’unique « son » de la Parole de Dieu qui est pour eux porteur de vie. Une  esthétique[1] acoustique de la Parole de Dieu s’avère donc nécessaire pour combler les attentes de ces population qui, prises en général, ont un sens religieux. Mais comment y arriver avec cette  pollution sonore qui,  curieusement,  provient parfois  de certains milieux supposés  religieux ?


 


 


Dans un contexte social de plus en plus marqué par un bain  de sons, le vrai sourd pourrait-on dire est l’ « écoutant » qui ignore qu’il porte une telle déficience. La circonstance providentielle de la célébration du XXVe anniversaire de l’institution du Conseil Pontifical pour les Services de Santé devrait aider les fidèles catholiques mais aussi les hommes de bonne volonté à identifier en leur propre personne , le sourd appelé par ce Conseil à bénéficier d’un soutien pastoral adéquat dans l’église et dans le monde. En effet,  à mesure que se multiplient les banques de sons dans les grandes agglomérations et même dans les campagnes, se remarque une baisse considérable du nombre de services ORL ( Oto-rhino-laryngologie) . Aux différentes banques de sons souvent repérées comme des indicateurs mesurables d’une pollution sonore  s’ajoutent désormais certains milieux religieux qui ne rassemblent pas forcément du monde  mais dont la pollution sonore  fait réfléchir. Ce n’est donc plus seulement les restaurants, les  boutiques, la publicité ambulante qui étouffent les populations dans leurs maisons et quartiers de ville mais aussi cette nouvelle forme de religiosité qui prend de l’ampleur  avec des adeptes qui ne cherchent à parler  à un Dieu « silencieux » que dans un vacarme parfait où l’hystérie collective des uns est perçue comme une manifestation divine par les autres. A chaque dimanche suffit son théâtralisme excessif- même s’il existe des groupes au sein desquels la nuit comme le jour et même les heures de service sont pris comme des moments dits de louange dans un Etat laïc .  A cela s’ajoute toute la littérature qui se lit sur les différentes plaques qui encombrent les trottoirs  et qui indiquent la situation géographique de ces groupes de prières qui arrosent d’un bain de sons les différents quartiers. Triste réalité qui  illustre la « per-mission » tacite des autorités locales et communales parfois adeptes de premier rang dans ces groupes de prières . Spectacle décevant d’une situation  qui consacre la « dé-mission »  d’un Dieu qui se trouve dérangé par une pollution sonore et qui  probablement n’apprécie guère la « sou-mission » de ses créatures à cette nouvelle forme d’intégrisme religieux qu’ engendre une telle pollution . Et enfin « mission » quasiment difficile pour les églises hiérarchiquement structurées qui ont reçu du Christ , le mandat apostolique de faire résonner l’écho silencieux de la Parole de Dieu  dans l’ouïe intérieure de leurs fidèles.  Le regard  du Conseil Pontifical des Services de Santé sur les sourds est donc une heureuse occasion qui interpelle de manière tacite les « écoutants » sur la surdité  en germe qui marque leur être et qui provient  de l’impact sensoriel du bruitage de certains milieux religieux sur leur vie. Nous sommes ici loin de l’esthétique acoustique de la Parole de Dieu qui aide le fidèle à créer dans sa vie un silence intérieur pour mieux rencontrer son Créateur. Si l’implantation de certains lieux de culte relève d’une époque historique où ces lieux n’étaient guère entourés de maisons, la hardiesse aujourd’hui  de certains « charismatiques  d’un nouvel âge »  parfois propriétaires de maisons à transformer une chambre à coucher en couvent où résonnent des chants de dits de louanges à des  heures indues , au grand mécontentement de leurs locataires , mérite réflexion.  Un hommage sonore à un dieu sourd et assuré d’être en insécurité et non une gloire rendue au Dieu unique de Jésus Christ de qui se réclament de plus en plus ces groupes de prières malgré  l’élan tarifaire et parfois trop tarifaire qu’ils donnent à leur « spiritualité »  !!!  




Apycom jQuery Menus